{"id":76,"date":"2024-08-24T11:48:41","date_gmt":"2024-08-24T07:48:41","guid":{"rendered":"https:\/\/portail.college-guymoquet.re\/wordpress\/?page_id=76"},"modified":"2025-04-29T10:50:41","modified_gmt":"2025-04-29T06:50:41","slug":"guy-moquet","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/etab.ac-reunion.fr\/clg-guy-moquet\/presentation\/guy-moquet\/","title":{"rendered":"Guy M\u00f4quet"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify\">N\u00e9 le 26 avril 1924 \u00e0 Paris, mort le 22 octobre 1941 \u00e0 Ch\u00e2teaubriant (Loire-Inf\u00e9rieure), est un militant communiste, c\u00e9l\u00e8bre pour avoir \u00e9t\u00e9 le plus jeune des quarante-huit otages fusill\u00e9s le 22 octobre 1941 \u00e0 Ch\u00e2teaubriant, Nantes et Paris en repr\u00e9sailles apr\u00e8s la mort de Karl Hotz.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Son nom, plus particuli\u00e8rement associ\u00e9 \u00e0 celui des vingt-sept fusill\u00e9s du camp de Ch\u00e2teaubriant, est pass\u00e9 dans l&rsquo;histoire comme un des symboles de la R\u00e9sistance fran\u00e7aise. Le qualificatif de r\u00e9sistant, souvent utilis\u00e9 \u00e0 son propos, notamment dans les m\u00e9dias, est cependant l&rsquo;objet d&rsquo;un d\u00e9bat r\u00e9cent parmi quelques auteurs.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff\"><strong>Son adolescence<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Guy Prosper Eustache M\u00f4quet, n\u00e9 le 26 avril 1924 dans le 18earrondissement de Paris, \u00e9tait lyc\u00e9en au lyc\u00e9e Carnot et fervent militant des Jeunesses communistes. Le journaliste et \u00e9crivain Pierre-Louis Basse le pr\u00e9sente comme un \u00ab titi \u00bb, volontiers gouailleur tout en ne d\u00e9daignant pas d&rsquo;\u00e9crire des po\u00e8mes, plaisant aux filles et dou\u00e9 dans les disciplines sportives. Au sprint, son seul rival au lyc\u00e9e est Charles \u00c9bou\u00e9, fils de F\u00e9lix \u00c9bou\u00e9.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff\"><strong>Le PCF au d\u00e9but de la guerre<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;URSS ayant sign\u00e9 avec l&rsquo;Allemagne hitl\u00e9rienne un pacte de non-agression, la direction du PCF adopte une ligne d&rsquo;opposition \u00e0 la guerre, consid\u00e9r\u00e9e comme une guerre imp\u00e9rialiste allant \u00e0 l&rsquo;encontre les int\u00e9r\u00eats de la classe ouvri\u00e8re. De nombreux militants communistes, dont le p\u00e8re de Guy M\u00f4quet, sont arr\u00eat\u00e9s sur l&rsquo;ordre du gouvernement fran\u00e7ais sous l&rsquo;accusation de sabotage, d\u00e9moralisation de l&rsquo;arm\u00e9e, en un mot affaiblissement des arri\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Apr\u00e8s la d\u00e9faite de la France en juin 1940, l&rsquo;occupant maintient en d\u00e9tention les communistes incarc\u00e9r\u00e9s. \u00c0 l&rsquo;automne 1940, le PCF subit une vague de r\u00e9pression men\u00e9e par la police fran\u00e7aise et facilit\u00e9e par la politique de l\u00e9galisation qui a pr\u00e9valu pendant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1940. Jusqu&rsquo;en mars-avril 1941, la revendication nationale, anti-allemande, n&rsquo;est pas prioritaire pour le PCF par rapport \u00e0 la revendication sociale (pour plus de d\u00e9tails, voir Histoire du Parti communiste fran\u00e7ais, Les premiers mois de l&rsquo;occupation).<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff\"><strong>Activit\u00e9 militante de Guy M\u00f4quet<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En ce qui concerne Guy M\u00f4quet, l&rsquo;arrestation de son p\u00e8re en octobre 1939 est un \u00e9v\u00e9nement marquant qui renforce son ardeur militante. D&rsquo;abord r\u00e9fugi\u00e9 avec sa m\u00e8re et son fr\u00e8re Serge dans la Manche, il revient ensuite seul \u00e0 Paris et milite clandestinement au sein des Jeunesses communistes[8]. En novembre, il \u00e9crit une lettre \u00e0 \u00c9douard Herriot, pr\u00e9sident de la Chambre des d\u00e9put\u00e9s demandant la lib\u00e9ration de son p\u00e8re (voir \u00ab Ses \u00e9crits \u00bb).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 partir de l&rsquo;occupation de Paris par les Allemands et de l&rsquo;instauration du gouvernement de Vichy, Guy M\u00f4quet d\u00e9ploie une grande ardeur militante pour coller des \u00ab papillons \u00bb et distribuer des tracts qui refl\u00e8tent la ligne politique du PCF durant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1940 : dans le 17e arrondissement, ces tracts demandent souvent la lib\u00e9ration de Prosper M\u00f4quet : \u00ab Ch\u00e2timent pour les responsables de la guerre ! Libert\u00e9 pour les d\u00e9fenseurs de la paix ! Lib\u00e9rez Prosper M\u00f4quet. D\u00e9put\u00e9 des \u00c9pinettes \u00bb ; \u00ab Lib\u00e9rez Prosper M\u00f4quet, jet\u00e9 en prison par Daladier pour avoir voulu la paix\u00a0 \u00bb. Parmi les papillons retrouv\u00e9s dans ce m\u00eame arrondissement, on retrouve les slogans \u00ab \u00c0 bas la dictature de Laval \u00bb ; \u00ab Ch\u00e2tiez les responsables [fran\u00e7ais ayant d\u00e9clar\u00e9 la guerre \u00e0 l&rsquo;Allemagne] \u00bb ; \u00ab Il faut un gouvernement du peupler \u00bb ; \u00ab Les soviets, c&rsquo;est le pouvoir du peupler \u00bb ; \u00ab Les riches doivent payer \u00bb ; \u00ab Un emploi pour les jeunes qui correspondent \u00e0 leurs aspirations \u00bb ; \u00ab Pour les ch\u00f4meurs, la famine. L&rsquo;opulence aux profiteurs de guerre. Ch\u00f4meur, fais rendre gorge aux voleurs. Exige l&rsquo;indemnit\u00e9 de 20 francs par jour \u00bb. Pierre-Louis Basse cite un autre tract distribu\u00e9 \u00e0 Paris : \u00ab Des magnats d&rsquo;industrie (Schneider, De Wendel, Michelin, Mercier [&#8230;]), tous, qu&rsquo;ils soient Juifs, catholiques, protestants ou francs-ma\u00e7ons, par esprit de lucre, par haine de la classe ouvri\u00e8re, ont trahi notre pays et l&rsquo;ont contraint \u00e0 subir l&rsquo;occupation \u00e9trang\u00e8re [&#8230;] De l&rsquo;ouvrier de la zone, avenue de Saint-Ouen, \u00e0 l&#8217;employ\u00e9 du quartier de l&rsquo;\u00c9toile, en passant par le fonctionnaire des Batignolles [&#8230;] les jeunes, les vieux, les veuves sont tous d&rsquo;accord pour lutter contre la mis\u00e8re [&#8230;] \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Son camarade Georges Abbachi d\u00e9crit les deux modes op\u00e9ratoires les plus utilis\u00e9s : le collage de papillons sur les r\u00e9verb\u00e8res ou les becs de gaz et le lancer de tracts depuis les balcons des salles de cin\u00e9ma.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff\"><strong>Arrestation et incarc\u00e9ration<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Guy M\u00f4quet est arr\u00eat\u00e9, sur d\u00e9nonciation, le 13\u00a0 octobre 1940 (il a 16 ans) au m\u00e9tro Gare de l&rsquo;Est en compagnie de Ren\u00e9 Pignard par trois inspecteurs de police fran\u00e7aise de la Brigade sp\u00e9ciale de r\u00e9pression anticommuniste (BS), cons\u00e9quence d&rsquo;un d\u00e9cret-loi d&rsquo;\u00c9douard Daladier du 26 septembre 1939 interdisant le Parti communiste, \u00ab d\u00e9cret-loi prorog\u00e9 et utilis\u00e9 par l&rsquo;\u00c9tat fran\u00e7ais [de Vichy] dans une perspective qui n&rsquo;a plus rien \u00e0 voir avec la d\u00e9fense nationale qui l&rsquo;avait justifi\u00e9 \u00bb. Ren\u00e9 Grandjean, sup\u00e9rieur hi\u00e9rarchique de de Guy dans les Jeunesses communistes est \u00e9galement arr\u00eat\u00e9 le 13 octobre et Georges Gr\u00fcnenberger, responsable du groupe, est lui-m\u00eame arr\u00eat\u00e9 le 15 octobre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les policiers n&rsquo;arrivent pas \u00e0 \u00e9tablir de fa\u00e7on irr\u00e9futable la participation aux distributions de tracts de Guy M\u00f4quet qui ne passe pas aux aveux alors que ses camarades ont reconnu les faits et que Pignard et Granjean l&rsquo;ont \u00e9galement mis en cause. Il est n\u00e9anmoins incarc\u00e9r\u00e9 \u00e0 la prison de Fresnes. Le 23 janvier 1941, la 15e chambre correctionnelle de Paris condamne Ren\u00e9 Pignard, Ren\u00e9 Grandjean et Georges Gr\u00fcnenberger \u00e0 des peines de prison comprises entre huit et douze mois, mais \u00ab acquitte le jeune M\u00f4quet comme ayant agi sans discernement. Dit qu&rsquo;il sera confi\u00e9 provisoirement \u00e0 ses parents [&#8230;] \u00bb], une mention indique que : \u00ab rien ne s&rsquo;oppose [&#8230;] \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution imm\u00e9diate de cette d\u00e9cision \u00bb. Mais en vertu de la loi du 3 septembre 1940 et de la \u00ab circulaire Peyrouton \u00bb du 16 novembre 1940 qui autorisent l&rsquo;internement administratif par simple d\u00e9cision pr\u00e9fectorale, (alors que le d\u00e9cret Daladier laissait cette pr\u00e9rogative au seul ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur) et \u00ab offre [la circulaire Peyrouton] \u00e0 ces derniers la possibilit\u00e9 d&rsquo;interner tous azimuts \u00bb, le jour m\u00eame de son acquittement, il est conduit au d\u00e9p\u00f4t de la Pr\u00e9fecture de police de Paris o\u00f9 il reste jusqu&rsquo;au 10 f\u00e9vrier 1941, pendant que le \u00ab Bureau des intern\u00e9s \u00bb est appel\u00e9 \u00e0 enqu\u00eater sur l&rsquo;appartenance de Guy aux Jeunesses communistes et \u00e0 se prononcer sur l&rsquo;opportunit\u00e9 de sa lib\u00e9ration. Il \u00e9crit un lettre de protestation au Procureur pour d\u00e9noncer ce qu&rsquo;il consid\u00e8re comme des \u00ab actes ill\u00e9gaux \u00bb. Il n&rsquo;aura jamais de r\u00e9ponse. Suivant l&rsquo;avis de la 1re section des Renseignements g\u00e9n\u00e9raux le bureau donne un avis d\u00e9favorable et Guy est transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 la maison d&rsquo;arr\u00eat de la Sant\u00e9, puis, le 27 f\u00e9vrier 1941 \u00e0 la centrale de Clairvaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Enfin, le 14 mai 1941, il est transf\u00e9r\u00e9, en m\u00eame temps que 100 autres intern\u00e9s communistes venant de Clairvaux, au camp de Choisel, \u00e0 Ch\u00e2teaubriant, o\u00f9 \u00e9taient d\u00e9tenus d&rsquo;autres militants communistes g\u00e9n\u00e9ralement arr\u00eat\u00e9s entre septembre 1939 et octobre 1940. Durant le mois de mai 219 militants communistes sont transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Choisel. Il est plac\u00e9 dans la baraque 10, celle des jeunes, o\u00f9 il se lie d&rsquo;amiti\u00e9 avec Roger S\u00e9mat et Rino Scolari. Ce dernier, un peu plus \u00e2g\u00e9 que lui, deviendra un des responsables FFI au moment de la Lib\u00e9ration de Paris.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff\"><strong>Octobre 1941<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Avis du g\u00e9n\u00e9ral von St\u00fclpnagel, Paris, 21 octobre 1941<\/p>\n<p>Avis paru dans L&rsquo;\u0152uvre du 23 Octobre 1941 : liste des 48 fusill\u00e9s du 22 octobre 1941<br \/>\nL&rsquo;attentat de Nantes et ses cons\u00e9quences<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le 20\u00a0 octobre 1941, Karl Hotz, commandant des troupes d&rsquo;occupation en Loire-Inf\u00e9rieure, est abattu \u00e0 Nantes par un commando form\u00e9 de trois jeunes communistes des bataillons de la jeunesse Spartaco Guisco, Gilbert Brustlein et Marcel Bourdarias. Suite \u00e0 cet acte, qualifi\u00e9 de \u00ab terroriste \u00bb par les autorit\u00e9s allemandes d\u2019occupation, compte tenu du grade \u00e9lev\u00e9 de l\u2019officier abattu, un Avis (Bekanntmachung) du g\u00e9n\u00e9ral von St\u00fclpnagel, chef des forces d&rsquo;occupation en France (le Milit\u00e4rbefelshaber in Frankreich), annonce, en application de ses d\u00e9cisions du 19 septembre 1941 (s&rsquo;octroyant le droit de faire fusiller \u00e9galement des d\u00e9tenus arr\u00eat\u00e9s par les autorit\u00e9s fran\u00e7aises) et du \u00ab code des otages \u00bb du 28 septembre 1941, dont il est l&rsquo;auteur, que cinquante otages seront ex\u00e9cut\u00e9s imm\u00e9diatement en repr\u00e9sailles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les services du ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur du gouvernement de collaboration de P\u00e9tain, Pierre Pucheu, proposent une liste de 61 noms, des otages essentiellement communistes \u00ab pour \u00e9viter de laisser fusiller cinquante bons Fran\u00e7ais \u00bb. Sur les 27 fusill\u00e9s de Ch\u00e2teaubriant, les listes de Pucheu en contiennent 17. Guy M\u00f4quet n&rsquo;\u00e9tait pas dans les listes de Pucheu, ce sont les Allemands qui l&rsquo;ont rajout\u00e9 en fonction de leur propre politique des otages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Quarante-huit otages sont fusill\u00e9s : seize \u00e0 Nantes, cinq au fort du Mont-Val\u00e9rien et vingt-sept \u00e0 Ch\u00e2teaubriant, dont Guy M\u00f4quet. La majorit\u00e9 d\u2019entre eux sont des militants communistes et\/ ou syndicaux.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff\"><strong>Les ex\u00e9cutions \u00e0 Ch\u00e2teaubriant<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Deux jours plus tard, neuf poteaux sont dress\u00e9s \u00e0 la Sabli\u00e8re, vaste carri\u00e8re \u00e0 la sortie de Ch\u00e2teaubriant. En trois groupes, les vingt-sept otages s&rsquo;y appuient, refusent qu&rsquo;on leur bande les yeux et s&rsquo;\u00e9crient : \u00ab Vive la France ! \u00bb devant le peloton d&rsquo;ex\u00e9cution. Charles Michels, Jean-Pierre Timbaud et Jean Poulmarc&rsquo;h avaient d\u00e9cid\u00e9 de ne pas se r\u00e9volter, car cela aurait conduit \u00e0 un massacre, d&rsquo;aller \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution dignement, et en chantant La Marseillaise : \u00ab C&rsquo;est ainsi, et ainsi seulement, que notre mort servira \u00e0 quelque chose \u00bb. De m\u00eame, Guy M\u00f4quet avait \u00e9crit : \u00ab [&#8230;] mais ce que je souhaite de tout mon c\u0153ur c&rsquo;est que ma mort serve \u00e0 quelque chose. [&#8230;] \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Guy M\u00f4quet est le plus jeune. Selon certains r\u00e9cits, \u00e0 commencer par celui d&rsquo;Aragon dans Le T\u00e9moin des martyrs (voir le chapitre \u00ab \u00e9laboration de la m\u00e9moire \u00bb), il a un \u00e9vanouissement et il est fusill\u00e9 dans cet \u00e9tat, mais cette version est contest\u00e9e par le sous-pr\u00e9fet d&rsquo;alors, Bernard Lecornu. Il est abattu \u00e0 16 heures. Avant d&rsquo;\u00eatre fusill\u00e9, il avait \u00e9crit une lettre \u00e0 ses parents.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour les nazis, l&rsquo;ex\u00e9cution de communistes est pr\u00e9f\u00e9rable pour convaincre les Fran\u00e7ais que seuls les Juifs et les communistes sont leurs ennemis. La s\u00e9lection d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e d&rsquo;un otage si jeune sert \u00e0 montrer qu&rsquo;ils seront impitoyables envers tous ceux qui distribuent des tracts, quel que soit leur \u00e2ge. Mais abattre un si jeune militant a surtout pour effet de choquer la population fran\u00e7aise. L&rsquo;abb\u00e9 Moyon, qui avait accept\u00e9 d&rsquo;assister les prisonniers avant leur ex\u00e9cution, rapporte que Guy M\u00f4quet lui avait fait une confidence montrant qu&rsquo;il \u00e9tait conscient de l&rsquo;\u00e9motion que sa mort allait susciter : \u00ab Je laisserai mon souvenir dans l&rsquo;Histoire, car je suis le plus jeune des condamn\u00e9s \u00bb.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff\"><strong>Les inhumations<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les corps des fusill\u00e9s de Ch\u00e2teaubriant sont d\u2019abord r\u00e9partis, par groupes de trois, dans les cimeti\u00e8res des communes environnantes. Celui de Guy M\u00f4quet au Petit-Auvern\u00e9 \u00e0 quinze kilom\u00e8tres au sud. La population a interdiction d\u2019approcher les tombes, mais une note de la sous-pr\u00e9fecture adress\u00e9e aux familles, indiquant les lieux d&rsquo;inhumation, pr\u00e9cise que s&rsquo;il est interdit de d\u00e9poser des plaques mentionnant le nom des fusill\u00e9s, il est permis de fleurir les tombes. Les 27 tombes sont fleuries d\u00e8s le 24 octobre par le fils d&rsquo;Henri Barth\u00e9l\u00e9my,, un des fusill\u00e9s. Une semaine plus tard, \u00e0 la Toussaint, les tombes de Guy M\u00f4quet et de ses deux autres compagnons sont abondamment fleuries de bouquets de fleurs bleues, blanches et rouges (une couleur pour chacune des trois tombes, celle de Guy M\u00f4quet est au centre). Florence Aubenas, journaliste, en a rendu compte en recherchant des t\u00e9moins locaux. Les familles ont pu r\u00e9cup\u00e9rer les corps apr\u00e8s la guerre. Le corps de Guy M\u00f4quet est transf\u00e9r\u00e9 au Cimeti\u00e8re du P\u00e8re-Lachaise (division 97).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Selon Pierre-Louis Basse, Serge, le jeune fr\u00e8re de Guy M\u00f4quet, meurt quelques jours plus tard, de chagrin et de peur, d\u00e9guis\u00e9 en fille par sa m\u00e8re qui tente d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 la Gestapo. Mais Serge M\u00f4quet aurait \u00e9t\u00e9 vu \u00e0 quatre ou cinq reprises accompagnant sa m\u00e8re sur la premi\u00e8re tombe de Guy. Selon la pierre tombale du caveau o\u00f9 il repose au cimeti\u00e8re parisien du P\u00e8re-Lachaise, aux c\u00f4t\u00e9s de son fr\u00e8re et d&rsquo;autres \u00ab h\u00e9ros et martyrs de la R\u00e9sistance fusill\u00e9s par les nazis \u00bb, Serge M\u00f4quet est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 19\u00a0 avril 1944 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 12 ans et demi, \u00ab victime de la Gestapo \u00bb. Selon la belle-fille de Prosper M\u00f4quet, Anne-Marie Saffray, Serge, traumatis\u00e9 par l\u2019emprisonnement de son p\u00e8re et par l\u2019ex\u00e9cution de son fr\u00e8re, fragilis\u00e9 par la disette et les rigueurs de la vie clandestine, mourut d\u2019une m\u00e9ningite. Leur m\u00e8re, Juliette, fit partie du Comit\u00e9 parisien de Lib\u00e9ration et fut de 1945 \u00e0 1947 conseill\u00e8re municipale communiste de Paris. Elle trouva la mort le 10 juin 1956 dans un accident de voiture, que conduisait son mari, Prosper.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N\u00e9 le 26 avril 1924 \u00e0 Paris, mort le 22 octobre 1941 \u00e0 Ch\u00e2teaubriant (Loire-Inf\u00e9rieure), est un militant communiste, c\u00e9l\u00e8bre pour avoir \u00e9t\u00e9 le plus jeune des quarante-huit otages fusill\u00e9s le 22 octobre 1941 \u00e0 Ch\u00e2teaubriant, Nantes et Paris en repr\u00e9sailles apr\u00e8s la mort de Karl Hotz. 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