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Plus qu’un projet pédagogique, Ti shomin pou in gran domin est une aventure humaine, un devoir de mémoire et un acte de transmission.

Court métrage – Ti shomin pou in gran domin – 2026 – Collège Les Aigrettes

À travers ce court métrage, j’ai souhaité offrir à mes élèves la possibilité de rencontrer l’histoire de leur île autrement. En écoutant les témoignages de celles et ceux qui ont connu une école où parler créole pouvait être interdit, ils ont découvert que notre langue, notre culture et notre identité sont le fruit d’un long chemin, parfois douloureux, toujours courageux.

Ce film est né d’une conviction profonde : on ne construit pas l’avenir sans connaître le passé. Chaque scène, chaque témoignage, chaque mot de fonnkèr rappelle que derrière notre école d’aujourd’hui se cachent des femmes et des hommes qui ont transmis, résisté, enseigné et espéré.

Tout au long de cette aventure, les élèves ont appris à écrire, à lire, à interpréter, à filmer, à écouter et à créer ensemble. Mais ils ont surtout appris que la mémoire n’appartient pas aux livres : elle vit dans les regards, dans les voix, dans les silences et dans les langues que nous continuons à faire vivre.

Je remercie chaleureusement les élèves pour leur engagement, leur sensibilité et leur confiance.

Je remercie Céline Aho Nienne et Olivier pour leur accompagnement précieux dans la réalisation de ce film, l’équipe de direction pour son soutien, ainsi que les parents qui ont accepté de partager un peu de leur histoire en participant au tournage.

J’adresse enfin ma plus profonde reconnaissance à M. Permalnaïck, dont le fonnkèr, écrit spécialement pour les élèves, est venu donner une âme supplémentaire à cette œuvre collective.

J’aime croire que ce film ne s’achève pas avec son générique. Il commence dans le regard de celles et ceux qui le découvriront. Si un enfant ose parler sa langue avec davantage de fierté, si une famille se met à raconter son histoire, si un enseignant choisit de transmettre autrement, alors ce projet aura trouvé tout son sens.

Parce qu’un grand avenir ne se construit jamais d’un seul pas. Il naît de milliers de petits chemins empruntés ensemble, avec mémoire, avec respect et avec espérance.

 

Néna kékpar in fonnkèr tro frankèr,
Dann vant manman an voi d’fami,
Koné mém pa si in garson, in fi,
Néna déza dé kanét lo zié i klèr.

Fé anou kado fonnkèr mil zétoil,
In fonnkèr ousa mon sèrvo i flanm,
I fé roul in maloya kabosé.
Ousa lé sir mon lang va bat baté,
Shanté la véritè dann kabaré.

Fé anou kado bèl fonnkèr la boush,
Pou kronm in sos piman rouz zoli mo,
Pou shof mon zorèy, dann grokèr solèy,
Ziska batman mon kèr va tranm tranblé.

Fé anou kado féklèr lang manman,
Ousa va bat baté kréol fransé,
Shimaoré, léspaniol, lalman…
Va ral maloya, i ral annavan.

Fé anou kado pou santi in né,
Kapab anvalé bouyon brèd shoushou,
Lèv anlèr zoli parfin randévou,
Pou rouvèr shomin sanm nout fiyansé.

Fé anou kado in lodèr gingin,
Transpirasion vèr dolo pou nouri,
Mon parol partazé, bien parfimé,
Èk tout domounité mon gran péi.

Fé anou kado la min gran rouvèr,
Pou karès la zou mon ti baba tann,
Pou tiyinbo rob brodri mon manman,
Pou fé klat klaté in bèl modékri.

Fé anou kado in zonbri nèf moi,
La nouri lo kor dopi komansman,
Tout sak pépé mémé la sèm semé,
Pou rékolté zordi épi domin.

 

C’est ainsi que les petits chemins d’aujourd’hui deviennent les grands horizons de demain.
M. Florian GILBOIRE
Porteur du projet
Professeur de créole / lettres