{"id":3226,"date":"2021-04-11T21:48:31","date_gmt":"2021-04-11T17:48:31","guid":{"rendered":"http:\/\/college-ligne-bambous.ac-reunion.fr\/?p=3226"},"modified":"2021-04-11T21:48:31","modified_gmt":"2021-04-11T17:48:31","slug":"atelier-decriture-du-jeudi-8-avril-2021-quand-stephen-sen-mele","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/etab.ac-reunion.fr\/clg-ligne-des-bambous\/atelier-decriture-du-jeudi-8-avril-2021-quand-stephen-sen-mele\/","title":{"rendered":"Atelier d&rsquo;\u00e9criture du jeudi 8 avril 2021 Quand Stephen s&rsquo;en m\u00eale&#8230;."},"content":{"rendered":"<p><em><strong>Oui je sais, vous attendez la publication depuis samedi, mais\u00a0 je l&rsquo;avoue je n&rsquo;ai pas me reconnecter avant ce soir &#8230; J&rsquo;avais besoin d&rsquo;une tr\u00eave de connexion, une fin de semaine libre d&rsquo;ordinateur ou d&rsquo;\u00e9cran de toutes sortes, alors je reprends mon clavier d&rsquo;ordinateur ce soir &#8230;<\/strong><\/em><em><strong>Cette semaine, il \u00e9tait question de description&#8230; voyons ce que nous en dit Stephen King . Au passage, j&rsquo;aime Stephen King parce que d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 il d\u00e9mystifie le travail de l&rsquo;\u00e9crivain qui est surtout un travail avec ce que cela comporte d&rsquo;exigences et de comp\u00e9tences, mais il nous montre \u00e9galement tr\u00e8s bien \u00e0 quel point c&rsquo;est un JEU de cr\u00e9ation dans lequel on se fait plaisir en m\u00eame temps qu&rsquo;au lecteur . Mais comme je ne suis pas Stephen King je le laisse dire ce qu&rsquo;il a \u00e0 nous dire sur la description beaucoup mieux que moi , apr\u00e8s quoi je publierai le texte de&#8230;Sardine !<\/strong><\/em><\/p>\n<p>\u00a0\u00bb<\/p>\n<h4><strong>Visualisez avant d\u2019\u00e9crire ( Stephen King)<\/strong><\/h4>\n<p>Trop d\u2019\u00e9crivains en herbe ont le sentiment de devoir assumer tout le travail de repr\u00e9sentation, devenant ainsi les yeux du lecteur. Ce n\u2019est pas le cas. Utilisez des verbes vivants, \u00e9vitez la voix passive, les clich\u00e9s, soyez pr\u00e9cis, \u00e9l\u00e9gant, laissez de c\u00f4t\u00e9 les mots inutiles. La plupart de ces r\u00e8gles, et des centaines d\u2019autres que je ne pr\u00e9cise pas, s\u2019installeront d\u2019elles-m\u00eames si vous tenez deux promesses\u00a0: la premi\u00e8re est de ne pas insulter la vision propre du lecteur la deuxi\u00e8me est de<em><strong> tout visualiser avant d\u2019\u00e9crire.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Cette derni\u00e8re promesse peut vous amener \u00e0 \u00e9crire plus lentement que d\u2019habitude, notamment pour passer des id\u00e9es (\u00ab c\u2019\u00e9tait une vieille maison sinistre\u00a0\u00bb) aux repr\u00e9sentations. Quant \u00e0 la premi\u00e8re, elle n\u00e9cessitera davantage de r\u00e9\u00e9critures minutieuses en cas d\u2019usage excessif de descriptions. Que cela vous plaise ou non, vous devrez couper, et vous concentrer sur l\u2019essentiel.<\/p>\n<p>Imaginons que vous vouliez d\u00e9crire (et de ce fait en cr\u00e9er une image) une grande ville un jour de pluie, et faire ressentir une atmosph\u00e8re maussade. <em><strong>Fermez les yeux et tentez d\u00e9sormais de visualiser cette ville, cette pluie, cette atmosph\u00e8re<\/strong><\/em>. Vous avez ouvert les yeux trop vite. R\u00e9essayez, 30 secondes, peut-\u00eatre m\u00eame une minute. Qu\u2019avez-vous vu\u00a0? Une ligne d\u2019horizon\u00a0? Des immeubles\u00a0? Une vue a\u00e9rienne\u00a0? Le ciel \u00e9tait-il clair ou mena\u00e7ant\u00a0? Avez-vous vu des gens\u00a0? Des hommes qui tenaient leur chapeau, pench\u00e9s en avant, le manteau gonfl\u00e9 par le vent\u00a0? Des femmes qui tenaient des parapluies\u00a0? Des taxis roulant dans des flaques d\u2019eau\u00a0? Ces descriptions sont excellentes, elles sont les t\u00e9moins d\u2019un travail sur l\u2019image.<\/p>\n<p>Mais maintenant supposons que vous pr\u00e9cisiez votre vision, que vous posiez votre regard sur un coin de rue de cette ville grise, pluvieuse et lugubre. Il est 15 heures et il pleut des hallebardes, regardez donc\u00a0! Sans compter que nous sommes un lundi, quelle poisse. Fermez les yeux de nouveau, cette fois une minute enti\u00e8re, et visualisez ce qui se passe sur ce coin de rue. Avez-vous vu le bus qui a \u00e9clabouss\u00e9 une passante\u00a0? Les visages des gens qui traversent avec indiff\u00e9rence ou cach\u00e9s derri\u00e8re leur journal\u00a0? La publicit\u00e9 \u00e0 l\u2019arri\u00e8re du bus, rendue floue par les gouttes de pluie\u00a0? Avez-vous vu l\u2019auvent de la petite \u00e9picerie de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la rue, d\u2019o\u00f9 coulaient des filets d\u2019eau de pluie\u00a0? Avez-vous entendu l\u2019eau jaillir dans les \u00e9gouts\u00a0? Et quand les voitures freinaient devant le feu rouge, avez-vous vu la lumi\u00e8re de leurs feux arri\u00e8re se r\u00e9fl\u00e9chir sur le pav\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p>Certaines de ces sc\u00e8nes peut-\u00eatre, mais certainement pas toutes. Vous avez peut-\u00eatre vu d\u2019autres sc\u00e8nes, tout aussi int\u00e9ressantes, peut-\u00eatre m\u00eame des bribes d\u2019une possible intrigue dans ces images, un homme qui courrait sous la pluie, qui jetait un \u0153il par-dessus son \u00e9paule, ou un enfant en cir\u00e9 jaune, pouss\u00e9 brutalement dans une voiture, ou peut-\u00eatre avez-vous juste des images. Mais croyez-le\u00a0: <em><strong>si vous tenez une image, vous pouvez la coucher sur le papier. Si vous en doutez, essayez d\u2019\u00e9crire imm\u00e9diatement ce que vous venez de voir. Vous connaissez ce sentiment\u00a0: \u00e9crire c\u2019est revivre, et en \u00e9crivant, l\u2019image vous sera de plus en plus pr\u00e9cise, et belle par sa pr\u00e9cision.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>R\u00e9digez un paragraphe, R\u00e9digez-en deux. Ensuite cr\u00e9ez un personnage qui vivra ce lundi pluvieux. Ou, si un semblant d\u2019intrigue s\u2019est dessin\u00e9 devant vos yeux, courez-lui apr\u00e8s avant qu\u2019il ne s\u2019efface. Suivez l\u2019homme qui court, ou entrez dans la voiture pour d\u00e9couvrir qui a pouss\u00e9 l\u2019enfant et pourquoi. Vous en avez la capacit\u00e9 si vous ouvrez votre troisi\u00e8me \u0153il compl\u00e8tement.<\/p>\n<p>Un dernier mot\u00a0: ne vous laissez jamais enti\u00e8rement transporter par la repr\u00e9sentation. Les yeux voient tout, mais l\u2019esprit derri\u00e8re les yeux doit juger de ce qu\u2019il doit conserver et de ce qu\u2019il doit jeter. Une fois que vous aurez habitu\u00e9 votre troisi\u00e8me \u0153il \u00e0 voir clairement, votre plume vous d\u00e9mangera. Si vous \u00e9crivez de la fiction, vous ne voulez pas noyer vos lecteurs. Rappelez-vous que la repr\u00e9sentation am\u00e8ne l\u2019intrigue et que l\u2019intrigue am\u00e8ne tout le reste. <em><strong>Mais souvenez-vous que le plus grand plaisir de l\u2019\u00e9crivain est de voir, et de voir parfaitement. Le troisi\u00e8me \u0153il peut voir \u00e0 l\u2019infini. C\u2019est un peu comme avoir un parc d\u2019attractions dans le cerveau, dans lequel toutes les attractions seraient gratuites. Testez donc vous-m\u00eame.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Waouh ! ( par Sardine)<\/p>\n<p>Je ne suis pas n\u00e9e ici, je suis n\u00e9e en Afrique, dans un petit village du Nig\u00e9ria . Ce village, tel que ma grand-m\u00e8re me le racontait le soir quand j&rsquo;\u00e9tais petite, a toujours \u00e9t\u00e9 joyeux et bienveillant envers le monde . Le l\u00e9ger grincement de la manivelle du puit auquel nous buvions me ber\u00e7ait la nuit, et les cris des carillons avaient le pouvoir de m&rsquo;endormir en \u00e0 peine cinq minutes .<\/p>\n<p>Notre village ne pouvait jamais \u00eatre silencieux, les enfants\u00a0 jouaient au ballon sur la place, les adultes\u00a0 chantaient en coupant du bl\u00e9 et les rares animaux apprivois\u00e9s s&rsquo;aboyaient dessus chaque fois qu&rsquo;ils se croisaient . Notre maison \u00e9tait si vivante, avec sa grande biblioth\u00e8que remplie de contes de f\u00e9e dans le salon . Avec son odeur de plats typiquement africains . Et les personnes qui y vivaient \u00e9taient encore plus chaleureuses ! Certains habitants du village venaient des apr\u00e8s-midis enti\u00e8res dans notre \u00ab\u00a0chez nous\u00a0\u00bb pour se ressourcer, et il arrivait parfois que des gens viennent y dormir . Nous n&rsquo;avions pas beaucoup de place avec nos deux petites chambres mais nous nous serrions tous \u00e0 dix pour pouvoir dormir paisiblement .<\/p>\n<p>Les rares nuits o\u00f9 il pleuvait, nombreux \u00e9taient les gens qui venaient se prot\u00e9ger dans notre maison au toit de t\u00f4le rouill\u00e9e . Ces nuits-l\u00e0, on se racontait des histoires en buvant du th\u00e9 autour d&rsquo;une minuscule table de bois ronde qui normalement ne pouvait accueillir que six ou sept personnes . Quand un orage grondait, tout le monde se serrait en priant qu&rsquo;il n&rsquo;ab\u00eeme pas l&rsquo;habitation .<\/p>\n<p>C&rsquo;\u00e9tait \u00e7a ma maison d&rsquo;enfance, emplie de joie et de bonne humeur, car, m\u00eame si nous n&rsquo;avions rien, nous \u00e9tions heureux \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de vivre et de profiter de la vie au lieu de nous morfondre \u00e0 dire que la nourriture et l&rsquo;eau manquaient .<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Ce que j&rsquo;aime dans ce texte : en tant que lecteur j&rsquo;appr\u00e9cie que Sardine utilise des actions pour nous emmener sur les lieux qu&rsquo;elle veut nous faire voir, nous faire sentir, nous faire entendre . moi, lecteur, je sors de ce texte court avec une vision vivante de ce village d&rsquo;enfance : ce n&rsquo;est pas une description qui pourrait m&rsquo;ennuyer, c&rsquo;est un r\u00e9cit vivant qui m&#8217;emm\u00e8ne dans ce village \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;un vieux film en noir et blanc \u00e0 l&rsquo;image un peu effiloch\u00e9e .<\/em><\/strong><\/p>\n<p><em><b>Ce qui peut \u00eatre am\u00e9lior\u00e9 : la coh\u00e9rence des d\u00e9tails, leur vraisemblance . Prenons un exemple : Sardine nous parle d&rsquo;une \u00ab\u00a0grande biblioth\u00e8que\u00a0\u00bb&#8230;.je m&rsquo;imagine un certain type de maison, qui n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec \u00ab\u00a0une maison au toit de t\u00f4les rouill\u00e9e\u00a0\u00bb&#8230;eh bien cette distorsion &#8211; qui vient d&rsquo;un changement de cap en cours d&rsquo;\u00e9criture- fait rentrer dans le r\u00e9cit une incoh\u00e9rence qui prouve que Sardine n&rsquo;a pas VISUALISE avec assez de pr\u00e9cision et de continuit\u00e9\u00a0ce qu&rsquo;elle a souhait\u00e9 d\u00e9crire .<\/b><\/em><\/p>\n<p><strong><em>Tout comme moi, elle va relire attentivement la page de Stephen King&#8230;.et je suis certain que la prochaine description sera diff\u00e9rente&#8230;peut-\u00eatre m\u00eame devrait-elle retravailler celle-l\u00e0 m\u00eame, en commen\u00e7ant par fermer les yeux pour VOIR ce qu&rsquo;elle \u00e9crira .<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>JEUDI prochain ? Certains m&rsquo;ont demand\u00e9 si dans un r\u00e9cit qu&rsquo;ils \u00e9criraient on ne pourrait pas introduire un ou deux noms de drogues : je comprends bien qu&rsquo;ils aimeraient \u00ab\u00a0surfer\u00a0\u00bb sur certains aspects suppos\u00e9s \u00ab\u00a0comiques\u00a0\u00bb li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;ingestion de drogue&#8230;.je vais y r\u00e9fl\u00e9chir de mon c\u00f4t\u00e9, de m\u00eame, ils r\u00e9fl\u00e9chiront s&rsquo;ils me lisent \u00e0 ceci : quel que soit le r\u00e9cit qu&rsquo;ils \u00e9crivent, il ne pourra en\u00a0 \u00a0 \u00a0aucun cas\u00a0 laisser dans la t\u00eate du lecteur une impression positive sur les effets d&rsquo;une drogue : en soi c&rsquo;est une contrainte et je trouve int\u00e9ressant qu&rsquo;on se l&rsquo;impose &#8211; ce qui n&#8217;emp\u00eache\u00a0 pas du tout que certaines parties du texte produit soient comiques s&rsquo;ils le souhaitent&#8230;\u00e0 Jeudi !<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Oui je sais, vous attendez la publication depuis samedi, mais\u00a0 je l&rsquo;avoue je n&rsquo;ai pas me reconnecter avant ce soir &#8230; J&rsquo;avais besoin d&rsquo;une tr\u00eave de connexion, une fin de semaine libre d&rsquo;ordinateur ou d&rsquo;\u00e9cran de toutes sortes, alors je reprends mon clavier d&rsquo;ordinateur ce soir &#8230;Cette semaine, il \u00e9tait\u2026<\/p>\n<p class=\"continue-reading-button\"> <a class=\"continue-reading-link\" href=\"https:\/\/etab.ac-reunion.fr\/clg-ligne-des-bambous\/atelier-decriture-du-jeudi-8-avril-2021-quand-stephen-sen-mele\/\">Pour continuer \u00e0 lire<i class=\"crycon-right-dir\"><\/i><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":17175,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-3226","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-infos-rapides"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/etab.ac-reunion.fr\/clg-ligne-des-bambous\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3226","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/etab.ac-reunion.fr\/clg-ligne-des-bambous\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/etab.ac-reunion.fr\/clg-ligne-des-bambous\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/etab.ac-reunion.fr\/clg-ligne-des-bambous\/wp-json\/wp\/v2\/users\/17175"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/etab.ac-reunion.fr\/clg-ligne-des-bambous\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3226"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/etab.ac-reunion.fr\/clg-ligne-des-bambous\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3226\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3229,"href":"https:\/\/etab.ac-reunion.fr\/clg-ligne-des-bambous\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3226\/revisions\/3229"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/etab.ac-reunion.fr\/clg-ligne-des-bambous\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3226"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/etab.ac-reunion.fr\/clg-ligne-des-bambous\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3226"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/etab.ac-reunion.fr\/clg-ligne-des-bambous\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3226"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}