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Crédit photo : A. V

Le mardi 24 mars 2026, lors de la semaine de la persévérance scolaire, les élèves de la 2BEM1 (Seconde baccalauréat professionnel des études et de la modélisation numérique du bâtiment) et une partie des élèves de la 2BTNE1 (Seconde baccalauréat professionnel du numérique et des transitions énergétiques) étaient en sortie pédagogique à Saint-Paul. Ils ont découvert un jardin riche en plantes et en arbres fruitiers, mais ont, également, été sensibilisés à la préservation de l’environnement en naviguant à bord de kayak sur l’étang de Saint-Paul, dans la réserve naturelle.

Un peu avant huit heures du matin, les seize élèves de la 2BEM1 et les huit élèves de la 2BTNE1 s’installent dans le bus scolaire, affrété pour l’occasion, et prennent la direction de Saint-Paul, commune de l’ouest de La Réunion.
Le groupe de vingt-quatre élèves est encadré par deux enseignants du lycée Albert RAMASSAMY : Mme VIÉVILLE, enseignante en PSE (Prévention-Santé et Environnement) et M. DOIGNEAUX, enseignant en lettres-histoire.
La professeure de PSE organise cette sortie scolaire depuis plusieurs mois et souhaitait que cette action ait lieu pendant la semaine du 23 au 27 mars 2026.
En effet, le ministère de l’Éducation nationale a retenu ces dates pour valoriser, au sein des établissements scolaires, « la persévérance scolaire ».
C’est pourquoi, l’intégralité des élèves de la 2BEM1 a été sélectionnée, ainsi qu’une partie des élèves de la 2BTNE1, afin de féliciter l’engagement des élèves qui sont « ponctuels, assidus, travailleurs, ou bien qui ont connu une évolution positive concernant leurs absences et leurs retards », explique Mme VIÉVILLE.
Crédit photo A. V.

Crédit photo : A. V

Une fois arrivés à Saint-Paul, le programme de la journée est le suivant.
Le matin, un premier groupe part avec Mme VIÉVILLE, afin de découvrir la réserve naturelle de l’étang de Saint-Paul. Les douze autres élèves sont avec M. DOIGNEAUX et visitent un espace de deux hectares, nommé : « Ô jardin de Paulo ».
Vers midi, les vingt-quatre élèves se retrouvent au Moulin à eau de Saint-Paul, avec leurs enseignants, et partagent un pique-nique.
L’après-midi, le groupe encadré par Mme VIÉVILLE se rend : « Ô jardin de Paulo » et celui de M. DOIGNEAUX découvre la réserve naturelle de l’Étang de Saint-Paul.
Un planning chargé, millimétré et concocté par Mme VIÉVILLE ! Tout s’est parfaitement déroulé, notamment grâce à des élèves investis et à un chauffeur de bus motivé.

Crédit photos : A. V et S. D

« Ô jardin de Paulo », pique-nique au Moulin à eau et découverte de l’étang de Saint-Paul.

Pendant la découverte du jardin, les élèves avaient pour guide Paul (de son petit nom « Paulo »). L’homme est un retraité, originaire de Saint-André, mais vivant au Bernica (dans les hauteurs de l’ouest).
C’est un amoureux de la nature et désireux de transmettre ses connaissances sur la flore locale, aux curieux, venus l’écouter. Avant de déambuler dans le jardin, Paulo avait préparé une infusion des plantes de son jardin (verveine, citronnelle, et « larmes de la vierge »), ainsi que la dégustation d’un gâteau patate, avec pépites de chocolat !
Lors de cette collation de bienvenue, Paulo nous explique que ce terrain n’est pas le sien, mais que le propriétaire lui a mis à disposition ces deux hectares de terre, en 2010. Le natif de Saint-André, aidé par quelques amis, a remis en état cet espace de près de 20 000 m2, notamment en plantant des arbres fruitiers et des plantes aromatiques/médicinales.
En 2015, ils ont créé une association, qui a pour nom : « Ô jardin de Paulo ». Ainsi, ce jardin bucolique a été baptisé du même nom que l’association et les pancartes pour y accéder le prouvent. Paulo est présent au marché de l’Éperon et vend notamment des « mambolos ».
C’est un fruit originaire des Philippines, à la peau douce, à la chair rose, au goût sucré, mais à l’odeur très désagréable. À La Réunion, le « mambolo » est aussi connu sous le nom de « caca de chat ». L’argent récolté, notamment au marché de l’Éperon, sert à payer, entre autres, les élagueurs et l’eau pour les plantes.
Dans ce jardin, il n’y a pas d’arbres fruitiers donnant des letchis, des mangues ou des longanis, afin d’éviter les vols. Enfin, Paulo précise aux deux groupes, que dans ce jardin rien n’est traité : « Il n’y a pas de pesticides, pas d’engrais chimiques. Tout est naturel ici ». La présence de nombreux papillons vient corroborer les paroles de Paulo.

Paulo nous fait découvrir son jardin.

Les garçons font le service de la tisane de bienvenue !

Crédit photos : A. V et S. D

En se promenant dans ce jardin, les élèves (et leurs enseignants) ont pu découvrir : le noni (« bon pour le système immunitaire », explique Paulo en croquant dedans) ; le bilimbi ; le costus spiralis (appelé aussi « gingembre rouge » ou « bâton rouge ») ; des pois bleus (qui « boostent la mémoire », nous confie Paulo) et des sensitives.
Le retraité nous explique qu’avec la sensitive (appelée aussi « mimosa pudique », car elle rétracte ses feuilles lorsqu’on la touche), des tisanes peuvent être faites dans le but d’aider à s’endormir. De plus, des arbres imposants sont présents tels que le palmier royal et l’arbre à raphia.
En poursuivant la visite, les élèves ont ensuite observé des corossols (sapotilles), des jacques, des fruits à pain, des teraps (un fruit entre le jacques et le fruit à pain).
La visite se termine par l’arbre à savon (qui comme son nom l’indique peut donner du savon), le roucou (où les graines se colorent et peuvent être utilisées comme rouge à lèvres) et enfin les graines de kadok. Paulo raconte aux élèves, qu’à l’époque, les enfants jouaient avec les graines de kadok. Ces graines auraient également des vertus médicinales et seraient porteuses de chance. Paulo nous glisse, en souriant, qu’il a toujours trois graines de kadok dans sa poche. Mais il alerte également sur le pillage de ces graines et sur l’importance de les planter massivement car l’arbre est en danger d’extinction.

Les élèves de la 2BEM1 et de la 2BTNE1 sont attentifs aux explications et connaissances transmises par Paulo.

Crédit photos : S. D

Le noni

Le costus spiralis dit « gingembre rouge » ou « bâton rouge »

La palmier royal

Mme VIÉVILLE et son groupe pendant la visite de « Ô jardin de Paulo ».

Lors de la visite de l’étang de Saint-Paul, dans la réserve naturelle, les élèves et leurs enseignants ont eu la chance de pouvoir naviguer dans cette zone protégée.
Munis de kayaks biplaces et accompagnés par Alex, guide spécialisé dans la protection de l’environnement, les deux groupes ont revu les définitions des mots suivants : endémique, indigène et exotique. Deux contrats civiques étaient également présents et complétaient les explications ou aidaient les jeunes en difficulté. (Pas facile de pagayer à deux dans un kayak, tout en essayant de faire peu de bruit afin de ne pas effrayer la faune, peu habituée aux humains).
Les élèves et leurs enseignants ont pu voir des papangues mâles dansant dans les airs. « Ces acrobaties aériennes sont des parades nuptiales », précise Alex, notre guide. « Les mâles commencent à s’entraîner car la saison des amours débutera au mois de juin ».
En glissant sur l’eau, le groupe a pu observer les papyrus jonchant les berges de l’étang. Un paysage rappelant celui du Nil, en Égypte.
Enfin, bien que le groupe soit dans une zone protégée, les élèves avaient également pour mission de ramasser les déchets qu’ils pouvaient trouver, en sillonnant l’étang.
Au total, deux immenses sachets poubelles, remplis majoritairement de déchets plastiques ont été ramassés. L’eau, qui alimente la réserve naturelle, provient soit de la mer (notamment en période cyclonique), soit des nappes phréatiques, soit des ravines qui partent des montagnes et se déversent dans l’étang.
Les élèves ont eu un exemple concret des conséquences désastreuses de jeter ses déchets dans la nature. Ce geste n’est pas anodin et impacte de façon négative la faune et la flore.
En quittant la réserve naturelle, Nesta, Noëlly et Irena, élèves en 2BEM1, résument cette action : « Nous avons retenu que dans la nature nous devons être discrets et silencieux. La nature est fragile, nous devons la préserver. Les humains ne doivent pas jeter leurs déchets n’importe où et n’importe comment ».

Découverte de l’étang de Saint-Paul et de la réserve naturelle, à bord des kayaks.

Crédit photos : A. V et S. D

Bien que l’étang de Saint-Paul soit dans une zone protégée, les élèves ont ramassé de nombreux déchets.
Les élèves de la 2BEM1 et de la 2BTEN1 ont compris l’importance et l’urgence de ne rien jeter dans la nature.

La journée se termine par un retour au lycée, où les tumultes de la vie quotidienne reprennent le dessus. Mais les élèves repartent chez eux sourire aux lèvres, heureux et des souvenirs plein la tête.

M. DOIGNEAUX
Professeur en lettres-histoire

Complément :

-Endémique : une espèce endémique est une espèce qui vit uniquement dans une région précise et nulle part ailleurs dans le monde.

-Indigène : une espèce indigène est une espèce qui vit naturellement dans une région depuis longtemps, sans avoir été apportée par l’humain.

-Exotique : une espèce exotique est une espèce qui vient d’un autre pays ou d’un autre continent, où elle n’existait pas naturellement avant.