Face à l’ampleur des violences faites aux femmes à La Réunion, le Lycée de Bois d’Olive a mobilisé ses élèves autour d’un concours d’affiches citoyen, rappelant le rôle essentiel de l’École dans la formation de citoyens éclairés et engagés.
Accompagnés par une équipe éducative investie, Gaëlle Ferrère (professeure de français), Karine Favre (professeure documentaliste), Anne‑Laure Moutiapoulé (assistante documentaliste) et Manuella Melchior (professeure d’histoire‑géographie), les lycéens ont été invités à interroger la puissance des images, des mots et des symboles dans la sensibilisation du public. Cette démarche, à la fois artistique et citoyenne, leur a permis de saisir combien la communication visuelle peut devenir un levier déterminant pour dénoncer, alerter et contribuer à l’évolution des mentalités. À leur tour, ils ont proposé des affiches pour 2025.
Cette mobilisation a également été l’occasion de recueillir la parole de plusieurs garçons, un choix particulièrement pertinent dans un combat où l’implication de tous est indispensable. Leur prise de position montre que la lutte contre les violences faites aux femmes n’est pas une affaire de genre, mais une responsabilité collective.
Louis P. souligne ainsi « qu’en tant que garçon, cette journée fait réfléchir à la place que nous avons dans ce combat. Il est important de ne pas rester silencieux face aux injustices et de respecter les femmes au quotidien. À notre âge, on peut déjà agir par nos paroles et nos comportements. »
Pour Théo B. , cette journée est un moment fort de solidarité : « Elle rappelle que ces violences existent encore. L’affiche que j’ai réalisée montre que chacun peut agir, même avec un petit geste ou un message simple. Il ne faut pas rester silencieux lorsqu’une personne est en danger. »
Anis G. insiste sur la dimension éducative et sur la nécessité de faire évoluer les mentalités : « Cette journée est essentielle, car elle rappelle que ces violences sont inacceptables. Elle sensibilise les jeunes et les adultes, et encourage les victimes à demander de l’aide. L’éducation joue un rôle majeur pour refuser la violence et défendre les droits des femmes. »
Ethan T. apporte une réflexion plus systémique, rappelant la profondeur du problème : « Les femmes subissent différentes violences dans le monde. Rien ne justifie l’oppression qu’elles vivent, qu’elle soit sexuelle, physique, psychologique ou systémique. Nous devons, à travers le féminisme, faire cesser ces actes de barbarie banalisés. »
Lenny T. , enfin, rappelle l’importance d’agir au quotidien : « Aucune personne ne mérite de subir de la violence. Cette journée montre qu’il ne faut pas fermer les yeux et qu’il faut encourager les victimes à parler. Chacun peut agir en respectant les autres et en dénonçant les injustices. »
À ces voix masculines engagées s’ajoute celle de Lily A. , qui rappelle la nécessité d’un soutien collectif et bienveillant : « La journée de lutte contre les violences faites aux femmes est un rappel pour encourager les victimes à parler et leur montrer qu’elles ne sont pas seules. Les violences ne sont pas seulement physiques : elles peuvent aussi être psychologiques . Il ne faut pas avoir peur d’en parler, même lorsqu’on est témoin : offrir son soutien peut énormément aider! Cette journée est avant tout un rappel au respect et à l’égalité. »
La diversité et la force de ces témoignages montrent combien l’engagement des élèves, filles comme garçons, est indispensable pour faire reculer les violences sexistes et sexuelles. Leur parole contribue à briser les silences, à déconstruire les stéréotypes et à affirmer que l’égalité et le respect concernent toute la société.
L’exposition finale témoigne de la maturité d’une jeunesse qui refuse la banalisation de la violence et rappelle que toute victime peut appeler le 3919, numéro d’écoute et d’urgence.
À l’issue du concours, le 1er prix a été attribué à Camille Massé (2nde 1) , le 2e prix à Elina Quérol et Audrey Wacheux (Tle STI2D1) et le 3e prix à Maëra Diganamasso (2nde 3).
Le jury a également distingué deux coups de cœur: Ashley Tissier (2nde 1) puis Ruben Fontaine (2nde 2).
Un grand merci à tous les participants !
Article rédigé par Manuella Melchior avec la précieuse collaboration de Karine Favre (professeure documentaliste), Anne-Laure Moutiapoulé (assistante documentaliste) et Gaëlle Ferrère (professeure de français).









