HLP 1°: Rencontre avec Samuel BOLLENDORFF de l’agence VU

Lundi 23/03 les élèves de 1° HLP ont rencontré Samuel Bollendorff , photojournaliste de l’agence VU, dans le cadre de la semaine de la presse et des médias à l’école.

Tout d’abord, quelques élèves ont présenté au photographe les clichés qu’ils ont pris des pollutions plastiques, photographies inspirées par le travail de Mr Bollendorf dans sa série « Les larmes des sirènes ». Ce dernier a échangé avec les élèves sur les méfaits du plastique, sur les pollutions présentes des rivières aux océans. Il a insisté sur le rôle de la légende, des textes qui accompagnent les photographies afin de donner du sens aux images et de ne pas leur faire dire le contraire de ce qu’elles racontent.

Puis, il a présenté son métier et ses travaux en mettant en avant l’importance du travail journalistique. Le journaliste se doit d’informer en racontant des réalités sociales complexes. Et comme « les images sont silencieuses », son travail est celui d’un enquêteur. Il prépare ses voyages en amont, sur place ils rencontrent des gens et des lieux, puis il met en forme son projet à son retour en racontant un récit.

Son travail a longtemps été axé sur les problématiques sociales comme les ouvrières exploitées en Chine, le mal logement, la vie dans les maisons de retraite, les migrants. Il a travaillé dans de nombreux pays : Brésil, Russie, USA, Canada, Japon… Depuis quelques années, il s’intéresse aux pollutions : villes polluées, forêts abattus, zones contaminées et océans de plastique.

Ainsi, les élèves ont pu voir le paradoxe des continents de plastique, mal nommés, car ce sont des « lieux », où il n’y a rien à voir : les plastiques sont accumulés à 3000 km des côtes et sont transformés en micro voire nano plastiques quasiment invisibles. Les photographies de paysages océaniques ne peuvent rendre compte de cette catastrophe écologique. Alors, à bord de la goélette « Tara », et aidés des scientifiques, Samuel Bollendorf a choisi de photographier des échantillons des prélèvements et il les a mis face aux images des paysages marins.

Travailler la photographie c’est travailler le dispositif le plus pertinent pour donner à voir et sensibiliser nos regards habitués aux images.

Enfin, la rencontre s’est terminée par un échange avec les élèves. S.Bollendorff a expliqué pour quelles raisons ce métier le passionne, c’est un moyen dit-il de rendre sa colère utile, de changer les choses dans un monde où seule l’opinion des gens peut avoir un effet sur les politiques et les décideurs économiques.

Aujourd’hui, face aux flux d’images et au désir de moins voyager, il collectionne des images, récoltées sur les différents réseaux sociaux pour raconter « les incendies à LA », « les inondations en Belgique », … sans se déplacer, afin de tenir « des archives de la planète », ou un cabinet de curiosités numériques.

Ici, à la Réunion, il travaille avec Kélonia et poursuit son travail sur les plastiques en photographiant ce que les tortues ingèrent .

Les emballages plastiques sont partout, ce qui prête à sourire. Mais le café a été apprécié.

Auteur: Rossi Pascale

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