Libérer la parole
Aborder la violence vécue n’est jamais simple. Écrire sur ces moments intimes représente un défi de taille. Pour briser la glace, il a d’abord fallu définir la violence : une dispute entre proches en fait-elle partie ? Oui, bien sûr. Chaque élève a alors identifié un souvenir, un ressenti. Certains ont commencé par trois lignes… qui se sont transformées en dix à la relecture.
Le défi de se dévoiler
« C’est dur, madame. » Ils ont raison : se livrer en public est un acte courageux. Une musique douce, un temps de pause, et le premier s’est levé. Les plus à l’aise ont lu leur texte les premiers, pour montrer l’exemple. Puis, l’enseignante a partagé son propre récit. Peu à peu, même les plus timides ont osé se lever et lire.
Des violences multiples et banalisées
Les témoignages ont révélé une diversité de situations :
- une menace pour un euro
- une parole blessante d’un proche
- une bagarre entre amis
- une agression depuis une voiture
- l’annonce d’un décès
- un divorce…
Un constat est apparu : les élèves banalisent souvent ces violences.
Un changement de regard
Après la deuxième séance, les rires ont disparu. Chacun a compris que l’autre partageait quelque chose de personnel, d’important, qui résonnait avec son propre vécu. Le théâtre est devenu un espace de médiation, où la parole, une fois libérée, a créé du lien et de l’empathie.








