Le jeudi 5 juin 2026, les élèves de Première HGGSP du lycée Évariste de Parny ont eu la chance de vivre deux heures d'échanges exceptionnels avec Amanda Baez, une femme dont le parcours incarne, de manière bouleversante, ce que les manuels d'histoire ne peuvent qu'effleurer.
Une histoire qui commence bien avant le coup d'État
Amanda est né à Salamanca (dans le nord du Chili) puis a grandi à Santiago, dans un environnement marqué par le silence politique. Son père, camionneur, n'évoquait jamais les choix électoraux à table. Mais le contexte national, lui, parlait à voix haute : à l'approche des premières tentatives de Salvador Allende pour accéder au pouvoir, des affiches de propagande anti-communiste inondaient les rues, mettant en scène des enfants envoyés de force vers l'Union soviétique. La peur était construite, fabriquée, diffusée.
Le 11 septembre 1973 : quand tout bascule
Le coup d'État militaire du 11 septembre 1973, qui porte Augusto Pinochet au pouvoir, ne se résume pas à une date dans un manuel. Pour Amanda, il se traduit par une atmosphère qui change, des silences qui s'alourdissent, des possibilités qui se ferment une à une. À 23 ans, sans projet préparé, elle quitte le Chili. Pas par choix, mais par nécessité. Comme des milliers d'autres Chiliens contraints à l'exil.
Les élèves ont pu mesurer, à travers son témoignage, la différence entre « savoir » qu'une dictature réprime et « entendre » quelqu'un décrire comment cela transforme le quotidien, les relations, les décisions les plus intimes.
L'exil, une vie entre deux langues et deux mondes
Arrivée en France, Amanda doit tout reconstruire. À commencer par la langue. L'apprentissage du français est une aventure semée d'embûches, de décalages, de moments où les mots manquent pour dire ce qu'on ressent vraiment. Aujourd'hui encore, quand elle retourne au Chili, l'espagnol reprend naturellement sa place — mais le français ne disparaît pas pour autant. Amanda vit entre deux langues, entre deux identités, entre deux mémoires.
Des questions, beaucoup de questions
Ce qui a rendu ces deux heures si précieuses, c'est la qualité des échanges. Les élèves n'ont pas passé la rencontre à écouter passivement.
Sur la peur, sur la propagande, sur le racisme qu'Amanda dit ne pas avoir vécu directement mais qu'elle s'engage à combattre. Sur ce que signifie « construire » une menace dans l'imaginaire collectif. Sur ce que l'exil fait à une identité.
Amanda a répondu à chaque question avec une sincérité et une générosité rares. Elle est venue partager une vie.
Un grand merci
Les deux groupes de spécialité de Première HGGSP adresse ses plus chaleureux remerciements à Amanda Baez pour ce témoignage d'une rare richesse humaine et historique. Et un merci tout particulier à son mari Jean, qui l'a accompagnée en prenant notamment les photos.





te français indépendant. Il a aussi tourné des documentaires et publié des livres. Il réalise des expositions. Ses travaux sont disponibles sur son site










